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IMG_7876B MAN AND ANIMAL IN EUROPEAN PAINTING

IMG_7876B MAN AND ANIMAL IN EUROPEAN PAINTING

Arnold Böcklin 1827-1901 Bâle, Weimar Florence
La Guerre The War ca 1897
Zürich Kunsthaus

L'HOMME ET L'ANIMAL DANS LA PEINTURE EUROPÉENNE

Ce tableau est exemplaire de l'anthropocentrisme de la pensée européenne et occidentale.
L'animal est peu présent dans la peinture européenne. Sauf en tant que gibier, ou qu'animal domestique, mais toujours au service de l'homme, de ses phantasmes ou de ses appétits.
L'animal est infiniment moins présent dans la peinture européenne en tant qu'animal sauvage et libre que dans la peinture des lettrés chinois par exemple.
Les animaux sont très discrets dans la peinture religieuse catholique, ils sont symboliques : l'âne et le bœuf, la colombe, l'agneau, le Poisson-Christ, le lion végétarien et même végétalien de Saint Jérôme. Les animaux du Paradis Terrestre. Ce sont des idées humaines déguisées en animal.
Dans la peinture européenne de la période catholique-humaniste, à partir de ce que l'historiographie officielle appelle la "Renaissance", l'animal est essentiellement celui vu par les aristocrates : l'animal-proie, l'animal chassé, ou celui qui est utile à la chasse ou à la guerre : le chien de chasse et le cheval. Cheval de guerre bien plus que le cheval de labour. Les oiseaux et les mammifères sont surtout représentés dans la gibecière ou pendus à un crochet.
Dans la peinture protestante des Pays-Bas du Nord la représentation de l'animal évolue : l'animal est domestique plus que sauvage. Le cheval certes encore, car, domestique, il a fait partie de la vie de l'homme pendant des millénaires, mais aussi beaucoup l'âne, qui s'aperçoit très peu en Europe catholique, sauf dans la crèche et pendant la fuite en Égypte. L'âne néerlandais est plus prosaïque : il attend devant les tavernes que son maître ait fini de boire et de manger, ou il porte des sacs de grains vers le moulin. Le chien néerlandais n'est pas un animal de chasse, mais plus souvent un chien bâtard des villes, qui assiste aux célébrations religieuses et pisse contre les colonnes des églises ou joue avec sa maîtresse. L'animal en vedette dans la peinture des Pays-Bas c'est l'animal de basse-cour et de troupeau. Sa principale destinée est d'être mangé. C'est l'animal "pour la casserole" ou "l'animal buffet-garni", tel qu'il est vu par les bourgeois et les paysans. .
Moralité : Globalement, dans la peinture européenne, l'animal c'est plus souvent la nature-morte ou au service de l'homme que la nature vivante et indépendante.
L'Art Moderne ? L'animal est peu présent dans la peinture européenne, mais comme le veut cette période, sa représentation est très diversifiée. C'est l'époque à laquelle ce tableau appartient.

Ici, c'est l'animal au service de l'homme de guerre que le peintre a mis en scène. Il faut reconnaître que ce fut une réalité multi-millénaire. L'homme, le cheval et la guerre forment une trinité terrestre fusionnelle mémorable. Mais pas éternelle : Les chevaux de guerre ont disparu, remplacés par les tanks, les drones, les hologrammes et les images subliminales.
Par rapport à la peinture précédente le message est cependant très différent éthiquement. Cela a son importance. Dans "Saint Antoine prêchant aux poissons", même s'il est possible de douter que l'homme soit bien fondé à enseigner moralement les poissons, c'est un message de paix que l'homme prétend apporter aux animaux. Les requins auront certainement beaucoup de difficultés à comprendre le bien fondé de l'enseignement. Tous les requins ne peuvent pas ressembler au Lion de Saint Jérôme qui était exceptionnellement végétarien. Mais cette iconographie est la preuve qu'il arrive que l'homme rêve d'être bon, ou un peu moins nuisible qu'à son ordinaire.
Dans "The War" c'est le constat du contraire. C'est l'homme et l'animal dans la haine et la fureur humaine. Pire que l'animalité. L'animal se contente de manger, il ne tue pas par plaisir ou par conviction religieuse ou profane. L'animal ne tue pas au nom de Jéhovah, ni au nom du Christ, ni au nom d'Allah, ni au nom de la Liberté-Fraternité-Egalité ou de la Raison Démocratique Mondialiste.
A observer l'Art Contemporain Institutionnel, à étudier son discours, il est clair que l'homme occidental n'est pas sur la voie du rapprochement avec la Nature. La nature, les animaux, et l'humanité - sauf quand elle est laide et absurde - ont presque totalement disparu de l'art occidental institutionnel. Le rapprochement avec la Nature est pourtant un thème que tous les médias occidentaux à destination du grand public développent régulièrement. Le thème de l'animal n'a pas non plus disparu de l'art des rues ni de l'art commercial privé local, régional ou national. Il est omniprésent dans la photographie.
Pourquoi ce divorce entre l'Art Officiel Mondialiste, l'art réservé aux élites éclairées, totalement artificiel et contre nature, et les arts ou les médias à destination du grand public ?
Pourquoi cet Art Institutionnel est-il déraciné non seulement des différentes cultures humaines, mais aussi de la Nature ?


MAN AND ANIMAL IN EUROPEAN PAINTING

This picture is exemplary of the anthropocentrism of European and Western thought.
The animal is little present in European painting. Except as game, or as a domestic animal, but always at the service of man, his phantasms or his appetites.
The animal is infinitely less present in European painting as a wild and free animal than in the painting of Chinese writers, for example.
Animals are very discreet in Catholic religious painting, they are symbolic: the donkey and the ox, the dove, the lamb, the Christ fish, the vegetarian and even vegan lion of Saint Jerome. The animals of the Earthly Paradise. These are human ideas disguised as animals.
In the European painting of the Catholic-Humanist period, from what official historiography calls the "Renaissance", the animal is essentially that seen by the aristocrats: the animal-prey, the hunted animal, or the one that is useful for hunting or warfare: the hound and the horse. War horse much more than the plow horse. Birds and mammals are mostly represented in the game bag or hung from a hook.
In the Protestant painting of the Northern Netherlands the representation of the animal evolves: the animal is domestic rather than wild. The horse, of course, still is, because as a domestic animal it has been a part of human life for millennia, but also the donkey, which is rarely seen in Catholic Europe, except in the crib and during the flight to Egypt. The Dutch donkey is more prosaic: he waits in front of the taverns for his master to finish eating and drinking, or he carries sacks of grain to the mill. The Dutch dog is not a hunting animal, but more often a mongrel city dog, which attends religious celebrations and pisses against church columns or plays with its mistress. The animal featured in Dutch painting is the barnyard and herding animal. Its main purpose is to be eaten. It is the "pan animal" or the "buffet animal", as seen by the bourgeoisie and the peasants.
Morality: Globally, in European painting, the animal is more often dead nature or at the service of man than living and independent nature.
Modern Art ? The animal is not very present in European painting, but as this period wants it, its representation is very diversified. This is the period to which this painting belongs.

Here, it is the animal in the service of the man of war that the painter has staged. It must be acknowledged that this was a multi-millennial reality. Man, horse and war form a memorable fusional earthly trinity. But not eternal: War horses have disappeared, replaced by tanks, drones, holograms and subliminal images.
Compared to the previous painting the message is however very different ethically. This has its importance. In "Saint Anthony preaching to the fishes", even if it can be doubted that man is well founded to morally teach the fishes, it is a message of peace that man claims to bring to the animals. Sharks will certainly have great difficulty understanding the validity of the teaching. Not all sharks can resemble the Lion of Saint Jerome who was exceptionally vegetarian. But this iconography is proof that man sometimes dreams of being good, or a little less harmful than usual.
In "The War" it is the opposite. It is man and animal in human hatred and fury. Worse than animality. The animal is content to eat, it does not kill for pleasure or for religious or profane conviction. The animal does not kill in the name of Jehovah, nor in the name of Christ, nor in the name of Allah, nor in the name of Liberty-Fraternity-Equality or the Democratic Globalist Reason.
By observing Institutional Contemporary Art, by studying its discourse, it is clear that Western man is not on the path of rapprochement with Nature. Nature, animals, and humanity - except when it is ugly and absurd - have almost totally disappeared from Western institutional art. The rapprochement with Nature is however a theme that all Western media aimed at the general public regularly develop. The theme of the animal has not disappeared from street art or from local, regional or national private commercial art either. It is omnipresent in photography.
Why this divorce between the Official Mundialist Art, art reserved for the enlightened elite, totally artificial and counter nature, and the arts or media aimed at the general public?
Why is this Institutional Art uprooted not only from the different human cultures, but also from Nature?


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Photo taken on 6 October 2019 (© jean louis mazieres / Flickr)

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