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IMG_1657C THE NETHERLANDS: PROFANE AND BOURGEOIS PAINTING

IMG_1657C THE NETHERLANDS: PROFANE AND BOURGEOIS PAINTING

Jan Treck 1605-1652 Amsterdam
Still life with tobacco pipe and pot-bellied jar.
Nature morte avec pipe et pot . 1650
Zürich Kunsthaus
Peintre spécialisé dans la nature morte
Painter specializing in still life

LES PAYS BAS: LA PEINTURE PROFANE ET BOURGEOISE

Avec Pierre Bruegel l'Ancien (1525-1569) apparaissent aux Pays Bas, les premières tendances profanes de la peinture européenne au Nord des Alpes. Tendances profanes qui vont s'amplifier dans cette région d'Europe jusqu'à devenir très vite quasiment exclusives après la Réforme, de tendances calvinistes, qui s'installe dans le nord du Pays. Cette importance accordée à la vie quotidienne, sans aucune référence religieuse ou historique, s'impose aux Pays Bas bien avant toutes les autres nations européennes.
Le siècle d'Or des Pays Bas du Nord, le 17è, est presque totalement un siècle de peinture séculière. Sauf Rembrand et quelques uns de ses élèves.
Les premiers grands peintres des Pays Bas, au sud comme au nord du pays, de Van Eyck à David ont, sauf quelques portraits, exclusivement peint des tableaux religieux. C'est la raison, réelle, même si elle n'est pas ouvertement proclamée, pour laquelle l'histoire de l'art universitaire, à destination du grand public, continue de les appeler des "Primitifs".

Mais à partir de Bruegel Pierre l'Ancien, dans les histoires de l'art de langue française comme de langue anglaise, les peintres ne sont plus "Primitifs". Ils sont "Renaissants" !
David le dernier Primitif est mort en 1523. Bruegel le premier Renaissant est né en 1525.
Vraiment l'histoire officielle, l'histoire vulgarisée, est pleine d'harmonies subtiles ! Tout s'enchaîne merveilleusement.
Effectivement Bruegel Pierre l'Ancien, peintre des Pays Bas du Sud, a peint les saisons, les fêtes de villages, les noces paysannes, et même la chute d'Icare, un thème mythologique. Quand Bruegel Pierre l'Ancien a peint des sujets religieux comme la Montée au Calvaire, la Crucifixion, le Dénombrement de Bethléem ou le Massacre des Innoçents, il a traité le sujet comme une occasion de peindre la société de son époque. Le plus souvent le sujet religieux est une toute petite partie du tableau. La Nativité ou la Crucifixion, Marie et Joseph, sont évoqués au sein d'un ensemble purement descriptif des moeurs de l'époque qui sont en réalité le thème principal de la peinture. Cette tendance profane s'observe déjà dans les Pays Bas du sud, bien avant Bruegel Pierre ou Brueghel Jan, chez un peintre de paysage comme Joachim Patinir (1483-1524), chez lequel le thème religieux est généralement un détail, parfois infime, du paysage.

Après la Réforme protestante, de tendances calvinistes, qui s'impose aux Pays Bas du Nord à la fin du 16è et au début du 17è siècle, les penchants profanes, laïques, séculiers, de la peinture des Pays Bas s'accentuent encore. Seul les Pays Bas du sud (Belgique) conservent des thèmes tirés de la religion catholique.
Par rapport aux peintres des Pays Bas du Sud, la particularité des peintres des Pays Bas du Nord est en outre que la mythologie ou l'histoire gréco-romaine tiennent très peu de place, voire aucune.
La très grande majorité des peintres de cette école des Pays Bas du Nord, s'intéresse uniquement à la vie quotidienne de leur époque.
Ces peintres de l'Ecole des Pays Bas du Nord décrivent longuement les paysages et les moeurs de leur temps, dans les villes et dans les campagnes, ou se spécialisent dans les natures mortes et les portraits.
Sur ce terrain ils sont uniques en Europe continentale en tant que phénomène de société absolument généralisé.
L'Italie, l'Espagne, la France, l'Allemagne, l'Angleterre continuent, jusqu'au 19è siècle, à alterner oeuvres religieuses et oeuvres profanes. Les oeuvres profanes sont d'ailleurs inspirées plus par la mythologie et l'histoire gréco-romaine que par les moeurs de la société.
C'est uniquement grâce aux peintres des Pays Bas, du Nord particulièrement, que nous avons des représentations fidèles d'une société européenne au cours de la fin du 16è et du 17è siècle. Y compris les paysans, ce qui est tout à fait remarquable.

Mais la peinture du siècle d'or des Pays Bas a une autre caractéristique : c'est la première peinture bourgeoise d'Europe, c'est à dire exécutée mais aussi commanditée par la haute et la moyenne bourgeoisie néerlandaise. Ce qui explique les thèmes choisis : Portraits de bourgeois, même tout à fait ordinaires. Scènes de la vie quotidienne dans les intérieurs bourgeois ou petit bourgeois et même artisanaux. Scènes de la vie des métiers, de tavernes, de marchés. Natures mortes. Paysage des villes et des campagne. A l'occasion scènes de la vie paysanne. Evidemment aussi des paysages d'Italie, car l'Italie demeure le grand lieu de destination de tous les peintres d'Europe.
Première peinture bourgeoise ou encore première peinture de la classe moyenne. Les deux concepts ne se rejoignent pas tout à fait. La haute et très haute bourgeoisie n'est pas la classe moyenne. Elle a joué un rôle plus ou moins important en Europe, selon les pays. Son domaine est le grand commerce international, l'artisanat à grande échelle comme dans le textile, la banque. En Italie, en Flandre, dans les pays Germaniques, le long du Rhin et du Danube, sur les bords de la Baltique cette haute bourgeoisie joue dès le 11è siècle et le grand démarrage économique de l'Europe un rôle très important, qui touche directement au domaine politique avec le gouvernement des cités.
Mais en réalité cette haute bourgeoisie européenne s'agrège à l'Aristocratie, l'imite et adopte ses modes de vie et ses goûts artistiques. La particularité des Pays Bas est que, avec la Réforme protestante au 17è le siècle, l'aristocratie terrienne ne disparaît pas, mais elle perd beaucoup de ses pouvoirs économiques, politiques et de son influence artistique. Et en outre, dans le même temps, les goûts artistiques de la haute bourgeoisie rejoignent ceux de la bourgeoisie moyenne, et plus généralement de la classe moyenne.
A la même époque, ailleurs en Europe la peinture reste commanditée par l'aristocratie et une très haute bourgeoisie commerciale et financière qui l'imite en tout. Une élite dont les intérêts demeurent orientés vers la peinture d'histoire, la mythologie, la peinture religieuse : le Grand Art. Il existe certes une peinture des moeurs de la société, mais résiduelle et représentative des manières de vivre de l'aristocratie et de la très haute bourgeoisie assimilée, comme la chasse ou les fêtes nobiliaires. Le reste de l'Europe n'adoptera les thèmes de la peinture bourgeoise néerlandaise, de la classe moyenne, qu'au 19è siècle dès les romantiques et pendant toute la période de l'Art Moderne jusque dans les années 1950.

Une autre observation doit être faite : L'art des Pays Bas protestants du siècle d'Or, le 17è siècle, est une étape très importante sur le chemin qui va de sociétés aux tendances spiritualistes plus ou moins affirmées vers des sociétés qui, comme celle de l'Occident actuel, s'organisent sur des bases totalement matérialistes. L'histoire de la peinture démontre très clairement que c'est cette évolution, du spiritualisme vers le matérialisme, que l'Europe a suivi entre l'an 1000 et l'an 2000. Selon les textes philosophiques hindoues et notamment les "Puranas", ce serait un schéma applicable à l'évolution de toute société humaine. Pas seulement à l'Europe.

Avec l'Art Contemporain, la peinture officielle change totalement d'inspiration. Il est sponsorisé par une cabale de grands Influents qui imposent en Occident un art institutionnel séparé, réservé, "éclairé", l'art conceptuel officiel, laid et absurde, qui après l'effondrement communiste général dans les années 1980-1990 devient l'Art Mondialiste : une conjonction sectaire puissamment organisée d'influences idéologiques et d'argent.
Depuis la Fontaine-Urinoir de Marcel Duchamp, le laid est promu à la dignité de concept créatif, une idée fondatrice indissociable du nouvel Art Conceptuel Contemporain, à égalité avec d’autres obsessions: le Nouveau, l’Absurde et la Provocation.
L’artiste contemporain officiel doit proposer froidement et avec détermination les objets les plus hétérogènes: sièges et tables bancales, cartons, pinceaux, dents, ongles, cils, cheveux, vêtements, lunettes, chaussures, balais, pinceaux et vadrouilles, cintres, vêtements, emballages, chiffons, boîtes ouvertes ou fermées, machines cassées ou écrasées, tubes, poutres rouillées, courbées, cassées, poutres en ciment, gravats, blocs, dalles, briques entières ou pulvérisées, tubes au néon, tas de gravats ou de charbon, sacs de galets, toutes sortes de tuyaux: fer, ciment, plastiques, tous tissus, caoutchouc, seaux, pichets, pots, vieux téléphones, machines à écrire, linge, évier ... et bien sûr toujours des carrés ou des rectangles blancs, jaunes, noirs, rouges et lignes à l'infini. L’artiste de l’art conceptuel contemporain officiel doit proclamer haut et fort, avec une grande confiance, le plus possible, qu’il est «l’art», l’art par excellence, l'unique hautement inspiré, et surtout l’art anti-bourgeois. Parce que, bien sûr, cette élite éclairée et argentée qui parraine le non-art contemporain se proclame anti-bourgeoise et révolutionnaire. Le comble du mensonge et du déguisement de la réalité.

THE NETHERLANDS: PROFANE AND BOURGEOIS PAINTING

With Pierre Bruegel the Elder (1525-1569) appeared in the Netherlands, the first profane (secular) tendencies of European painting in north of the Alps. Profane tendencies which will increase in this region of Europe until very soon become almost exclusive after the Reformation, of Calvinist trends, which settled in the north of the country. This emphasis on everyday life, without any religious or historical reference, applies to the Netherlands well before all the other European nations.
The Golden Age of the Northern Netherlands, the 17th, is almost totally a century of secular painting. Except Rembrand and some of his students.
The first great painters of the Low Countries, to the south as to the north of the country, from Van Eyck to David have, except for a few portraits, exclusively painted religious pictures. This is the real reason, even if it is not openly proclaimed, for which the university history of art, for the general public, continues to call them "Primitives".
But from Bruegel Peter the Elder, in the stories of the art, in French as well as in English language, the painters are no longer "Primitives". They are "Renaissants"!
David the last Primitive died in 1523. Bruegel, the first Renaissance painter, was born in 1525.
Really the official university history does well! Everything is chained beautifully.
Indeed, Bruegel Pierre the Elder, painter of the Low Countries of the South, painted the seasons, the village festivals, the peasant nuptials, and even the fall of Icarus, a mythological theme. When Bruegel Peter the Elder painted religious subjects such as the Ascent to Calvary, the Crucifixion, the Bethlehem Count, or the Massacre of the Innocents, he treated the subject as an opportunity to paint the society of his time. Most often the religious subject is a very small part of the picture. The nativity or the crucifixion, Mary and Joseph, are evoked within a purely descriptive set of the mores of the time which is in reality the main theme of painting. This profane trend can already be observed in the Southern Netherlands, well before Bruegel Pierre or Brueghel Jan, in the case of a landscape painter such as Joachim Patinir (1483-1524), in whom the religious theme is generally a detail, sometimes very small, of the landscape.
After the Protestant Reformation, of Calvinist tendencies, which prevailed in the Low Countries of the North (Netherland) at the end of the 16th and the beginning of the 17th century, the profane and secular propensities of painting in the Low Countries are still accentuated. Only the South Low Countries (Belgium) retains themes drawn from the Catholic religion.
In comparison with the painters of the Low Countries of the South, the peculiarity of the painters of the Low Countries of the North (Netherland) is moreover that the mythology or the Greco-Roman history take very little place, if any.
The vast majority of the painters of this school in the Low Countries of the North (Netherland) are interested only in the daily life of their time.
These painters of the School of the Low Countries of the North (Netherland) describe at length the landscapes and the customs of their time, in the cities and in the countryside, or specialize in still lifes and portraits.
On this ground they are unique in continental Europe as an absolutely generalized phenomenon of society.
Italy, Spain, France and Germany, England continued to alternate between religious and secular works until the 19th century. The profane works are, moreover, inspired more by mythology and Greco-Roman history than by the mores of the society.
It is only thanks to the painters of the Netherlands, especially in the North, that we have faithful representations of the European society in the late 16th and 17th centuries. Including the peasants, which is quite remarkable.
But the painting of the golden age of the Netherlands has another characteristic: it is the first bourgeois painting in Europe, that is executed but also sponsored by the upper and middle Dutch bourgeoisie. Which explains the themes chosen: Portraits of bourgeois, even quite ordinary. Scenes of everyday life in bourgeois or petty-bourgeois and even artisanal interiors. Scenes from the life of trades, taverns, markets. Still life. Landscape of cities and countryside. Occasionally scenes of peasant life. Obviously landscapes of Italy, because Italy remains the great place of destination of all the painters of Europe.
First painting bourgeois or first painting of the middle class. The two concepts do not come together completely. The high and very high bourgeoisie is not the middle class. It has played a more or less important role in Europe, depending on the country. His field is the big international trade, the large-scale handicraft as in the textile, the bank. In Italy, Flanders, the Germanic countries, along the Rhine and the Danube, on the banks of the Baltic, this high bourgeoisie played a very important role in the 11th century and the great economic start of the Europe, a very important role that directly affects the political field with the city government.
But in reality, this high European bourgeoisie is joining the Aristocracy, imitating it and adopting its lifestyles and artistic tastes. The particularity of the Netherlands is that, with the Protestant Reformation in the 17th century, the land aristocracy did not disappear, but it lost many of its economic, political and artistic powers. And at the same time, the artistic tastes of the upper bourgeoisie are in line with those of the middle bourgeoisie, and more generally of the middle class.
At the same time, elsewhere in Europe, painting remained commissioned by the aristocracy and a very high commercial and financial bourgeoisie that imitated it in everything. An elite whose interests remain oriented towards history painting, mythology, religious painting: the Great Art: there is certainly a painting of the mores of society, but residual and representative of the ways of life of the aristocracy and the very high bourgeoisie assimilated, such as hunting or noble festivals. The rest of Europe will adopt the themes of Dutch bourgeois painting, of the middle class, only in the 19th century from the romantic and throughout the period of Modern Art until the 1950s.

Another observation must be made: The art of the Protestant Netherlands of the Golden Age, the 17th century, is a very important stage on the path that goes from societies with more or less assertive spiritualist tendencies to societies which, like that of the West today, are organised on a totally materialistic basis.
The history of painting shows very clearly that it is this evolution from spiritualism to materialism that Europe followed between 1000 and 2000. According to Hindu philosophical texts, and in particular the "Puranas", it would be a scheme applicable to the evolution of any human society. Not only to the Europe.

With Contemporary Art, the official painting changes totally of inspiration. It is sponsored by a cabal of great Influents who impose in the West a separate institutional art, reserved, "enlightened", the official conceptual art, ugly and absurd, which after the communist collapse general in the years 1980-1990 becomes the Mondialist Art: A Powerfully Organized Sectarian Conjunction of Ideological Influences and Money.
From the Marcel Duchamp 's Fontain - Urinoir, the ugly is promoted to the dignity of a creative concept, a founding idea inseparable from the new Contemporary Conceptual Art, on par with some other obsessions: the New, the Absurd and the Provocation.
The official contemporary artist must propose coldly, with determination the most heterogeneous objects: wobbly seats and tables, cartons, all brushes, for tooth, nail, eyelashes, hair, clothes, glasses, shoes, brooms brushes and mops, hangers, clothes, packed rags, open or closed boxes, broken or crushed machinery, tubing, rusted beams, bent, broken, cement beams, rubble, blocks, tiles, whole or pulverized bricks, neon tubes, heaps of rubble or coal, pebble bags, all kinds of pipes: iron, cement, plastics, all loose fabrics, rubber, buckets, jugs, pots, an old phone, typewriters, washing, a sink ... and of course always squares or rectangles white, yellow, black, red and spots or lines to infinity. The artist of the official contemporary conceptual art must proclaim loud and clear, with great confidence, the most possible base even, that it is "art", the art par excellence, the only highly inspired one , and especially anti-bourgeois art. Because of course this enlightened and silvery elite who sponsors the contemporary non-art proclaims itself anti-bourgeois and revolutionary.The height of lies and disguise of reality.


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Photo taken on 6 October 2019 (© jean louis mazieres / Flickr)

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