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Decentralisation : Si Le Ridicule Tuait… De la poudre aux yeux!!!!!!!!!! Noter : -----

#1 L'utilisateur est hors-ligne   Zaki Icône

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Posté 20 novembre 2005 - 07:45

Un article fort interessant sur la décentralisation et la démocratie version IOG...........

Renouveau du 17/11/2005.


DECENTRALISATION : SI LE RIDICULE TUAIT…

Si le ridicule tuait, personne ne resterait du pouvoir de Ismaël Omar. Ils y passeraient tous, sans exception. Ils y passeraient car ils ne cessent de se couvrir de ridicule. Ils vivent de ridicule. Ils sont le ridicule. Mentir à tout bout de champ, claironner une chose et son contraire, dire quelque chose et en faire l’inverse. Voler à tour de bras et prétendre combattre la corruption, parler de démocratie et s’asseoir dessus, s’engager à déverrouiller la vie publique et s’acharner à la murer, invoquer la Loi et la fouler furieusement aux pieds, débiter des citations du Saint Coran et en violer les enseignements au quotidien, faire la prière et pratiquer le mal. Ils sont le ridicule, vous disons-nous.

Ne sont-ce pas des Hyènes ? nous rétorquerez-vous. Mais tout de même ! Même une hyène connaît des instants de répit dans la destruction. D’ailleurs, elle ne tue que lorsque la faim l’y pousse. Ou que ses petits réclament à manger. Pour mue par l’instinct qu’elle soit, l’hyène sait se restreindre, ne pas épuiser son milieu nourricier, ne pas couper la branche qui la porte.

Pour disgracieuse qu’elle soit, pour hurlante qu’elle se montre, pour mal assurée sur ses pattes arrière qu’elle paraisse, l’hyène fait, au bout du compte, mieux que nos pseudo-gouvernants. Son instinct lui enseigne des lignes rouges…

Comment qualifier alors celles et ceux que nous traitons de Hyènes pour le mal qu’ils nous font ? C’est à chercher, probablement au-delà de notre entendement de gens sensés. Quand des êtres humains se moquent de toutes les valeurs qui font l’homme, voire l’animal, quand ils brisent tous les freins, ne sont que pulsions et bruits creux, ils participent d’autre chose que ce qui nous fonde. Nous n’avons de commun avec eux que l’apparence.

Il s’ensuit que même nos mots ne sauraient s’appliquer à eux. Car le langage n’est pas gratuit, il est le fruit d’une maturation, le véhicule d’un code commun. Il est le reflet de notre intelligence, l’insigne de notre humanité. Le langage n’est pas dissociation entre signifiant et signifié, n’aligne pas des vocables pour eux-mêmes, ne les vide pas de leur substance. Il est harmonie, unité. Le langage est SENS.

Il n’empêche qu’il faut bien parler d’eux, dans la mesure où ils sont là, sinistrement réels, englués dans le mal, à nous faire souffrir. Il faut bien exprimer notre colère, notre exaspération. Il faut bien dire notre dégoût.

Et pour ce, pour traduire l’intraduisible, nous n’avons que nos mots, notre langage, notre véhicule de sens.

Voilà pourquoi nous usons du terme ridicule, que nous préférons à celui de cynisme. Nous le faisons pour la lourde charge de bêtise, d’absurdité, de non-sens, de non-intelligence, qu’il signifie. Charge singulièrement lourde dans le cas qui nous préoccupe.

Seulement, le ridicule, s’il peut tuer, et tue effectivement, celles et ceux au détriment desquels il s’exerce, en l’occurrence nous autres Djiboutiennes et Djiboutiens, s’il peut mettre à mort les femmes et les hommes contre lesquels il se déploie en actes, il épargne ses auteurs. Du moins ne les emporte-t-il pas aussi vite et aussi massivement qu’ils s’y complaisent. Sans quoi il n’y aurait, d’eux, aucun survivant à ce jour.

Eh bien le ridicule, et c’est là où nous voulions en venir, revêt ces jours-ci la forme d’un nouveau tapage, autour de ce que le régime appelle décentralisation. Sur le devant de ce piètre spectacle, Ismaël Omar et son ministre de l’intérieur et de la décentralisation, un certain Yacin Elmi Bouh, que les malversations financières mises au clair par son successeur aux Finances ne peuvent pas ne pas éclabousser. Quel genre de responsable est-il pour vouloir s’accrocher aux affaires quand certains de ses subordonnés directs sont accusés d’avoir détourné des dizaines de millions en monnaie locale et se retrouvent en prison ? Comment peut-il justifier le financement de ses palais du Héron alors qu’il n’a, officiellement, perçu que sa solde de fonctionnaire puis son indemnité de ministre et que le coût de la vie est ce qu’il est sous nos cieux ? Quel type de chef d’Etat peut garder des ministres manifestement corrompus et, dans le même temps, parler de lutter contre la corruption ? Quelle crédibilité peut avoir la parole de tels individus ?

Ismaël et Yacin, disons-nous donc, nous assènent la rengaine de la décentralisation sur mesure. Ils se veulent même concrets cette fois et fixent des échéances : 26 novembre 2005 comme date limite de dépôt des candidatures à ce qu’ils appellent élections communales et régionales et 30 décembre 2005 pour jour de scrutin.

Candidatures, élections…Non mais de qui se moque-t-on ? Le fichier électoral est toujours aussi pourri, l’organisation électorale acquise à 100% au pouvoir, la commission électorale totalement soumise, le conseil constitutionnel plus que jamais aux ordres, la caution électorale de trente-deux millions et demi de nos francs déposée par l’opposition auprès du Trésor en janvier 2003 au titre des élections législatives toujours retenue par Ismaël Omar, les forces dites de l’ordre impatientes d’assurer la tranquillité du hold up. Le découpage territorial, comme le montre le cas de Djibouti, ne répond pas aux attentes des gens. Et, pour couronner le tout, l’autonomie des prétendues collectivités locales est loin d’être assurée. Le pouvoir central ayant pipé les dés pour se donner les moyens de conserver le contrôle des nouvelles entités.

Avons-nous d’ailleurs décemment besoin d’expliquer en quoi consiste la décentralisation à la Ismaël Omar quand on sait de quoi est capable l’individu ? Pourquoi, s’il voulait une réelle décentralisation, a-t-il enterré ses engagements démocratiques ? Pourquoi est-il revenu sur les réformes démocratiques auxquelles il s’était engagé devant le monde et le pays en mai 2001 ? Pourquoi n’a-t-il pas accepté que l’on refonde le fichier électoral, crée une commission électorale nationale indépendante en charge de tout le processus électoral, mette en place un conseil constitutionnel digne de ce nom ? Pourquoi craint-il l’indépendance de la justice et l’exercice des libertés fondamentales et des droits humains ? Pourquoi a-t-il peur du vrai débat national sur la démocratie, la décentralisation, le statut de Djibouti-ville, l’avenir du pays ? Pourquoi, diable, s’installer dans le ridicule du verrouillage sans avenir ?

Ne nous y trompons point, si Ismaël Omar et son ministre parlent de décentraliser, c’est juste pour rééditer le coup de la mascarade dont ils sont coutumiers, juste pour faire comme lors des précédentes élections, législatives et présidentielles. Leur rêve c’est d’embarquer l’opposition dans une affaire sur laquelle elle n’a aucune prise, à laquelle elle est étrangère (le projet de loi sur la décentralisation, annexe de l’accord du 12 mai 2001, a été vidé de sa substance), de coopter massivement sa petite clientèle, de laisser peut-être un petit rien, et de boucler ainsi la boucle du verrouillage sous une présentation pseudo-démocratique. L’ardent désir de Ismaël Omar c’est, après avoir trahi ses engagements démocratiques et re-volé la présidentielle et les législatives, de rouler l’opposition dans son ridicule et d’enterrer durablement la question de la décentralisation et de la démocratie. Son rêve c’est de redire à la communauté internationale: voyez-vous, mon affaire n’est pas si mal puisque l’opposition y participe. Exactement comme cela s’est fait avec nos participations passées.

Non, l’opposition n’a pas à apporter la preuve de sa bonne volonté, elle l’a abondamment fait depuis 1992, en participant aux élections, en faisant preuve de retenue. Elle a subi humiliations sur humiliations et a pourtant su se contrôler. Au nom de la responsabilité.

Ce qu’il faut aujourd’hui, ce n’est pas céder aux sirènes de la mise en scène, mais de tirer les leçons du passé pour envisager d’autres voies et moyens de nature à faire la différence. Notamment en continuant (après notre boycott de la mascarade présidentielle d’avril 2005) de ne plus nous prêter au jeu de la mascarade électorale. Car y prendre part, aboutirait à apporter la caution dont a soif le pouvoir. Gardons bien présent à l’esprit que le boycott gêne Ismaël Omar et ses amis de ventre, leur donne du souci, introduit des grains de sable dans la machine à mascarades. Il n’arrange pas leurs petits plans de ridicules qui s’ignorent.

Aujourd’hui, comme vient de le reconnaître publiquement Ismaël Omar, le pouvoir n’est pas au mieux de sa forme. C’est perceptible au quotidien. Et c’est dans l’ordre des choses, car gouverner n’est pas se gaver de biens publics et de sang, ni de livrer son peuple à la misère et à la détresse.

Ne lui offrons pas l’occasion de tenter, encore une fois, diversion pour un temps.

En politique, comme ailleurs, il importe d’être conséquent, c’est-à-dire crédible.

Oui à la vraie décentralisation, non à celle de Ismaël Omar Guelleh. Non au ridicule.

La lutte continue. Et avec elle, la roue tourne...

Ce message a été modifié par Zaki - 20 novembre 2005 - 07:54 .

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#2 L'utilisateur est hors-ligne   Desaxee Icône

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Posté 20 novembre 2005 - 09:07

c vrai tout ca !!
comment ca se fait que c toujours de pauvres types qui vont en prison pour detournments de fonds et non des ministres et de hauts grade de l'Etat?
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