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Des Hypermarchés Branchés Sur Le Coran Noter : -----

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Posté 09 octobre 2005 - 03:01

A l'occasion du ramadan, la grande distribution généralise la vente du livre religieux.

Par Catherine COROLLER
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samedi 08 octobre 2005 (Liberation - 06:00)
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a droite, des bouteilles de soda ; à gauche, des piles de boîtes de ghee, du beurre semi-liquide. Alentour, des dattes, des sacs de semoule, des bocaux de légumes pour couscous, de la charcuterie hallal dans des bacs réfrigérés... Au milieu de l'«Espace ramadan» du Carrefour de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), le «Box ramadan» : une gondole en carton sur laquelle des piles de livres sont disposées. Dont le Coran. «Nous sommes les premiers à avoir fait rentrer le Coran en versions française, bilingue, et arabe, et des livres sur l'islam dans la grande distribution», triomphe Mansour Mansour, directeur des éditions Albouraq. Emporté par son enthousiasme, l'éditeur exagère un tout petit peu. Une autre édition du Coran, celle de Maxi-Livres, est aussi en vente dans le magasin. Au rayon librairie et non dans l'«Espace ramadan». Un peu moins chère : 4 euros, contre 5,5 euros pour l'édition de poche d'Albouraq ; elle est également moins belle, cette dernière étant brochée.

Il n'en demeure pas moins que Mansour Mansour a réalisé là un joli coup : convaincre la quasi-totalité de la grande distribution (Carrefour, Auchan, Cora, Leclerc, Géant Casino) de vendre ses ouvrages pendant la période du ramadan. La consécration d'une stratégie très professionnelle.

Tests. En 1992, cet éditeur français d'origine libanaise crée sa maison d'édition. Ses livres sont distribués par le réseau des librairies arabes. Constatant une nette augmentation des ventes pendant la période du ramadan, Mansour Mansour décide d'aller à la rencontre du plus grand nombre. Dans les hypermarchés. En 2003 et 2004, il mène deux tests. D'abord en Ile-de-France dans une vingtaine de magasins, puis dans cent lieux partout en France. Les résultats sont plus qu'encourageants : le taux de retour est de 18 % la première année, 5 % la deuxième. Début 2005, Mansour Mansour contacte, non plus les enseignes, mais les centrales d'achat de la grande distribution. Avec succès. Quatre le référencent, Leclerc faisant un test sur une quarantaine de magasins. Les centrales proposent ensuite le «Box ramadan» aux hypers et supermarchés. Lesquels répondent favorablement : «Je n'ai eu aucune hésitation, raconte la responsable du rayon librairie du magasin Auchan de Villetaneuse (Seine-Saint-Denis). J'attendais avec impatience que l'on référence ce genre de produits dans un magasin comme le mien.»

Depuis mardi, premier jour du ramadan, qui dure un mois, les «box» sont présents dans 150 grandes surfaces. «Notre présentoir comprend vingt-quatre titres, soit 265 volumes», précise Mansour Mansour. Outre différentes éditions du Coran plus ou moins chères, Albouraq propose des titres comme Savoir faire la prière, 400 questions/réponses pour connaître l'islam, le Livre des prénoms et d'autres consacrés à la cuisine, ou pour les enfants. L'accueil du public montre que Mansour Mansour a tapé juste : «Ça marche du tonnerre. J'en suis déjà au troisième "box"», affirme la responsable d'Auchan.

Pédagogie. La présence de tels ouvrages suscite parfois des réactions hostiles. Selon Mansour Mansour, des livres en vente au Géant Casino de Montpellier ont été coupés au cutter. «On constate deux types de réactions négatives, précise-t-il. Celles de gens qui sont contre l'islam, et celles de musulmans intégristes qui affirment qu'on ne doit pas poser le Coran en dessous de la ceinture [l'étagère la plus basse du box se situe au milieu des cuisses, ndlr], que les caissières ne doivent pas le toucher...» Lorsqu'un client mécontent interpelle les employés du magasin, certains se retournent vers Mansour Mansour, qui se fait pédagogue : «J'explique au cas par cas. Que les enfants ont le droit de toucher le Coran, que dans les mosquées le repose-Coran est posé sur le sol, et que le Coran est donc au-dessous de la ceinture... Au départ, je pensais qu'on allait avoir à convaincre les gens qui sont contre l'islam. Mais, finalement, nous sommes amenés à lutter contre des musulmans crispés qui manquent de confiance dans leur foi», note-t-il. Il y a quelques années, un Carrefour marseillais avait tenté l'expérience : «Un imam est venu et a tout cassé.» La responsable du rayon librairie d'Auchan dédramatise. Elle n'a constaté aucune réaction hostile. «On n'a eu aucune plainte, aucun souci. On a vu des gens autres que musulmans acheter ces ouvrages.» Quant aux «musulmans 100 % religieux, ils ne l'achèteront pas ici».

«Reconnaissance». Cette installation du Coran dans les hypermarchés est-elle le révélateur de l'intégration accomplie des musulmans ? Mansour le croit, qui y voit un «intérêt pour le côté culturel du ramadan» et également une «reconnaissance de la communauté musulmane». Nacer Kettane, PDG de Beur FM, le dit aussi : «Le ramadan est devenu comme le couscous : français.»
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