djibnet.com: Violation Sans Précédent Du Domicile Du Président Du Mrd Et Porte-Paro - djibnet.com

Aller au contenu

Page 1 sur 1
  • Vous ne pouvez pas commencer un sujet
  • Vous ne pouvez pas répondre à ce sujet

Violation Sans Précédent Du Domicile Du Président Du Mrd Et Porte-Paro Violation sans précédent du domicile du président du MRD et porte-paro Noter : -----

#1 L'utilisateur est hors-ligne   watson Icône

  • Membre
  • Pip
Groupe :
Membres
Messages :
182
Inscrit :
10-novembre 11

Posté 23 décembre 2013 - 03:05

Image IPB




Violation sans précédent du domicile du président du MRD et porte-parole de l’USN, Daher Ahmed Farah, mais aussi quartier général historique de la coalition des partis djiboutiens d’opposition


Vendredi 20 décembre 2013. Jour de repos hebdomadaire en terre d’Islam. Jour de prière aussi. La capitale djiboutienne est bien calme, du moins jusqu’à la prière de midi marquée par l’affluence traditionnelle des fidèles et le prêche des oulémas. C’est du reste le jour choisi par les Djiboutiens pour protester chaque semaine plus fort et plus nombreux contre le règne de la force et de la misère, contre le déni de démocratie et de bonne gouvernance. C’est ce jour et cette date, 20 décembre 2013, que le régime a retenu pour perpétrer une violation sans précédent du domicile du président du MRD et porte-parole de l’USN, opposant au long cours, Monsieur Daher Ahmed Farah (DAF), domicile qui a servi de quartier général à l’USN tout au long de l’année 2013 le 16 janvier de laquelle est née cette coalition des partis djiboutiens d’opposition.

C’est vers 14 heures, en l’absence du porte-parole de l’USN, parti comme d’habitude sillonner la capitale pour localiser les derniers militants USN arrêtés, que la police, dont la surveillance du lieu par des éléments en tenue civile s’est renforcée depuis plusieurs jours, se déploie en force. Une dizaine de véhicules, plus d’une centaine de policiers, certains exhibant leurs armes à feu, bouclent le secteur. Rapidement, les militants présents devant le domicile sont arrêtés et embarqués. Le militant qui garde la porte, Idriss Barreh Abdillahi, se voit intimer de l’ouvrir, ce à quoi il répond qu’il ne peut le faire avant le retour de celui qui réside en l’endroit. Plusieurs policiers s’abattent alors sur lui et lui prennent de force la clé. Ils en usent et s’introduisent dans le logement à étages, filmant et fouillant méthodiquement le rez-de-chaussée qui abrite les bureaux. L’un des deux bureaux, resté ouvert, est filmé puis vidé du matériel informatique qui s’y trouve. La situation en est là lorsque, vers 14 heures 30, DAF apprend la nouvelle par un coup de fil d’un militant qui a réussi à échapper à l’assaut de la police. Il appelle le domicile et tombe sur l’officier qui dirige l’opération, lui annonçant que si sa mission est de l’arrêter, il peut tranquillement l’attendre puisqu’il s’apprête à rentrer. Et il arrive effectivement vingt minutes plus tard. D’entrée, DAF demande aux policiers s’il s’agit d’une opération ordonnée par la justice, auquel cas ils doivent lui présenter un document judiciaire les autorisant à faire ce qu’ils font. Il se fait plus précis et demande s’ils ont un mandat d’arrêt concernant sa personne et les militants ainsi qu’un mandat de perquisition visant le domicile. Les policiers lui répondent qu’ils ont des ordres de leur hiérarchie et que cela suffit, s’empressant d’ajouter que s’il n’obtempère pas et qu’il n’ouvre pas toutes les portes de toutes les pièces du lieu, ils les forceront. Calme comme à son habitude, son sourire à toutes épreuves aux lèvres, DAF leur ouvre toutes les portes. Les policiers filment et vident les pièces de tous les objets électroniques, qu’il s’agisse du matériel informatique (unités centrales d’ordinateurs, écrans, claviers, souris, imprimantes, photocopieuses, scanners, câbles, etc.), des appareils du système de surveillance du domicile par caméras vidéo, des appareils de la connexion Internet, de ceux de la ligne téléphonique fixe (y compris l’appareil de téléphone), des téléphones portables des personnes présentes à l’intérieur, etc. Ils emportent aussi de nombreuses archives papier de l’USN. Puis, ils arrêtent DAF et toutes les autres personnes présentes au quartier général historique de l’USN, que ce soient les militants, les proches ou les femmes de ménage. Ils arrêtent même un plombier venu remplacer un siphon. Seule la mère de DAF, personne âgée qui approche les 80 ans, est épargnée.

Vers 16 heures 20, le dispositif policier quitte le lieu. DAF est conduit vers le centre-ville de la capitale et les autres personnes arrêtées (dont certaines physiquement touchées par les conditions de transport) dirigées vers le centre de rétention administrative de Nagad que gère la police.

Le porte-parole de l’USN et le convoi policier qui le prive sa liberté, doivent stationner environ un quart d’heure sur la route de Venise, axe périphérique menant au centre-ville, avant qu’un lieu de détention ne soit ordonné. Il est finalement conduit au commissariat central où, là aussi, DAF doit patienter de longues minutes avant d’être placé en garde à vue auprès d’un officier de police judiciaire. De nouveau, il patiente une vingtaine de minutes. Puis tombe l’ordre de les relâcher, lui et les autres personnes arrêtées, mais aussi de restituer une partie du matériel saisi. DAF retrouve la liberté vers 17 heures, avec une partie du matériel, et les autres interpellés (au nombre de 29 dont 14 arrêtés la veille) entre 17 h 30 et 19 heures 30. L’unité centrale de l’ordinateur équipant le bureau historique de l’USN, des câbles, toutes les souris mais aussi l’équipement de vidéosurveillance du domicile (trois caméras, des câbles, l’unité centrale, etc.) manquent à l’appel. Manquent aussi à l’appel les trois unités centrales d’ordinateurs, l’écran d’ordinateur et les accessoires confisqués vendredi 6 décembre 2013 par la police au même quartier général historique de l’USN.

Clairement, le domicile de DAF et quartier général historique de l’USN est violé. Il est violé à plus d’un titre. Violé par introduction illégale en son sein. Violé par prise illégale d’images vidéo jusque dans la chambre à coucher. Violé par saisie illégale d’objets matériels. Violé par accès illégal aux informations que contient le matériel confisqué. Voilà qui en dit long sur l’état des libertés et des droits de l’Homme à Djibouti.

Si c’est cet assaut est sans précédent contre le domicile de DAF et quartier général historique de l’USN, les observateurs attentifs du régime djiboutien, les militants anciens du PRD devenu MRD et du reste de l’Opposition se rappellent, eux, qu’il y a 21 ans, le 20 décembre 1992, dans l’après-midi, devant le siège central du parti à l’Avenue Nasser de la capitale, le PRD et futur MRD, première formation d’opposition légalisée dans l’histoire de la République de Djibouti, et qui venait de participer aux premières élections législatives dites pluralistes du 18 décembre 1992, subissait une dure répression policière pour avoir voulu tenir un meeting d’information et d’explication, activité légale minimale, sur les résultats truqués du scrutin. Le sang du PRD a alors coulé, tout le matériel de sonorisation du siège central saisi, de nombreuses personnes blessées et de nombreuses autres arrêtées.

21 ans plus tard, le droit n’a toujours pas droit de cité en République de Djibouti. De sorte que la police (sur instructions du chef de l’État ou non) a célébré ces atteintes à la Loi et aux droits humains par de nouvelles violations des droits de l’Homme.

Un tel mépris de la personne humaine et de ses droits ne peut que rendre encore plus urgent le changement démocratique en République de Djibouti.


Liste des personnes arrêtées la veille ou lors de la violation du domicile du président du MRD et porte-parole de l’USN, DAF, mais aussi quartier général historique de cette coalition des partis djiboutiens d’opposition



1-Hassan Osman Allaleh

2-Hassan Abdillahi

3-Awaleh Ali

4-Osman Moussa

5-Djouweria Kadar Elmi

6-Yacin Doualeh Galab

7-Halima Houssein Elmi

8-Moustapha Ali

9-Said Aden Ibrahim

10-Mahad Omar Meiraneh

11-Ali Mohamoud

12- Hamze Mohamed Hassan

13-Mouhyadine Youssouf Ali

14-Khaireh Farah Robleh

15-Ibrahim Abdi Moumin

16-Kamaloudine Moussa Youssouf

17-Farah Dirié Asssoweh

18-Gouled Mohamoud Abdillahi dit Mahdi

19-Amina Robleh

20-Hodan Farah

21-Kadar Ali Guelleh

22-Medina Mohamed

23-Idriss Bareh Abdillahi

24-Souleiman Hoche Farah

25-Souleiman Omar Kawalieh

26-Guelleh Omar Bileh

27-Ismail Ahmed

28-Omar Mohamed Nour

29-Salah Farah Bouh

0

Partager ce sujet :


Page 1 sur 1
  • Vous ne pouvez pas commencer un sujet
  • Vous ne pouvez pas répondre à ce sujet