djibnet.com: Vendredi - djibnet.com

Aller au contenu

Page 1 sur 1
  • Vous ne pouvez pas commencer un sujet
  • Vous ne pouvez pas répondre à ce sujet

Vendredi Noter : -----

#1 L'utilisateur est hors-ligne   SuperMn Icône

  • Membre Avancé
  • PipPip
Groupe :
Membres
Messages :
886
Inscrit :
20-juin 11
Gender:
Male

Posté 16 décembre 2011 - 10:38

http://www.youtube.c...h?v=NcbIudLnhOI

S'il y'avait une telle ambiance dans les mosquées le vendredi, on ne se serait pas endormi pendant la prêche. :D :P

Ce message a été modifié par SuperMn - 16 décembre 2011 - 10:40 .

Je suis Dieu, je suis créature; je suis Seigneur, je suis serviteur
Emir Abdelkader
0

#2 L'utilisateur est hors-ligne   SuperMn Icône

  • Membre Avancé
  • PipPip
Groupe :
Membres
Messages :
886
Inscrit :
20-juin 11
Gender:
Male

Posté 16 décembre 2011 - 10:56

Érudits et Ignorants

Il y avait un seul jour de la semaine qui inquiétait Djeha-Hodja Nasreddin. Durant six jours, il était aussi libre qu'un papillon. Il pouvait bavarder avec ses amis sur la place du marché ou se rendre à dos d'âne au village voisin. Il pouvait travailler dans son vignoble ou aller chasser dans les collines. Il pouvait se rendre au café ou flemmarder au soleil sur sa terrasse. Il n'y avait rien pour le bousculer, pour être à une certaine place ou à un certain moment ni pour faire telle ou telle chose.

Mais le vendredi était différent, beaucoup plus différent. C'est le jour où tous les bons musulmans se rendent à la mosquée. Parce que Djeha-Hodja Nasreddin avait, des années auparavant, suivi l'école coranique, on lui demandait, chaque vendredi, de monter à la chaire de la mosquée et de faire un sermon. Cela lui convenait quand il avait quelque chose à dire, mais il y avait nombre de vendredis où il n'avait pas plus d'idées que son petit âne gris.

C'est une chose que d'échanger des histoires avec ses amis au café, cela en est tout à fait une autre que de parler, du haut de la chaire, à une nombreuse et attentive assistance. Les hommes, accroupis sur leur tapis de prière, le regardaient avec une mine solennelle. Derrière le treillage, les femmes attendaient aussi. Bien sûr, la psalmodie, qui venait avant le sermon, n'était pas difficile pour lui, car tous les
hommes y participaient, s'inclinant jusqu'à toucher le sol avec leur front. Mais le
sermon c'est cela qui était difficile.

Un vendredi, il marchait plus lentement que d'habitude dans les rues pavées d'Ak Shehir et s'arrêta à la porte de mosquée pour y laisser ses chaussures. Il bavarda avec les autres hommes qui prenaient place sur les tapis épais et moelleux. Eux pouvaient s'accroupir sur les tapis, alors que lui devait monter à la chaire surélevée. Peut-être la beauté de la mosquée lui donnerait-elle une idée ? Il leva les yeux vers le plafond, mais aucune pensée ne lui vint. Il observa les mosaïques sur les murs, mais il n'y trouva aucune aide. Il scruta les visages des hommes qui le regardaient fixement. Il entendait les chuchotements et les rires discrets des femmes voilées, assises derrière le balcon grillagé. Il se devait de dire quelque chose.
- Oh, gens d'Ak Shehir ! Savez-vous ce que je vais vous dire ?
- Non ! Répondirent, d'une seule voix, hommes et femmes.
- Vous ne savez pas ? Dit Djeha-Hodja Nasreddin. Vous êtes sûrs de ne pas savoir? Alors à quoi cela sert-il de parler à des gens qui ne savent rien sur un sujet aussi important. Mes mots ne seront d'aucune utilité pour des gens aussi ignorants.

Alors, il descendit de sa chaire et s'en alla. Le vendredi suivant, confronté à la même difficulté, il dit :
- Oh, gens d'Ak Shehir ! Savez-vous ce que je suis sur le point de vous dire ?
- Oui, répondirent d'une seule voix hommes et femmes, se rappelant ce qui était
advenu après leur "non" de la semaine précédente.
- Vous savez ? Dit Djeha-Hodja Nasreddin. Si vous êtes sûrs de savoir ce que je vais dire, je n'ai alors pas besoin de le dire. Pourquoi perdre des paroles précieuses à dire ce que vous savez déjà ?

Alors, il descendit de sa chaire et s'en alla. Le troisième vendredi, le retrouva encore en haut de la chaire, avec la même difficulté d'exprimer quelque chose. Il dit alors :
- Oh, gens d'Ak Shehir ! Savez-vous ce que je suis sur le point de vous dire ?
- "Non", répondirent certains, "Oui" répliquèrent d'autres.
- Certains d'entre vous savent, d'autres ne savent pas ! Dit Djeha-Hodja Nasreddin qui, se frottant les mains, ajouta :
- Que ceux qui savent l'apprennent à ceux qui ne savent pas !
Je suis Dieu, je suis créature; je suis Seigneur, je suis serviteur
Emir Abdelkader
0

#3 L'utilisateur est hors-ligne   ELMI_ Icône

  • Membre Avancé
  • PipPip
Groupe :
Membres
Messages :
10 592
Inscrit :
06-août 10
Gender:
Male
Location:
NY

Posté 16 décembre 2011 - 07:09

Voir le messageSuperMn, le 16 December 2011 - 08:56 AM, dit :

Érudits et Ignorants

Il y avait un seul jour de la semaine qui inquiétait Djeha-Hodja Nasreddin. Durant six jours, il était aussi libre qu'un papillon. Il pouvait bavarder avec ses amis sur la place du marché ou se rendre à dos d'âne au village voisin. Il pouvait travailler dans son vignoble ou aller chasser dans les collines. Il pouvait se rendre au café ou flemmarder au soleil sur sa terrasse. Il n'y avait rien pour le bousculer, pour être à une certaine place ou à un certain moment ni pour faire telle ou telle chose.

Mais le vendredi était différent, beaucoup plus différent. C'est le jour où tous les bons musulmans se rendent à la mosquée. Parce que Djeha-Hodja Nasreddin avait, des années auparavant, suivi l'école coranique, on lui demandait, chaque vendredi, de monter à la chaire de la mosquée et de faire un sermon. Cela lui convenait quand il avait quelque chose à dire, mais il y avait nombre de vendredis où il n'avait pas plus d'idées que son petit âne gris.

C'est une chose que d'échanger des histoires avec ses amis au café, cela en est tout à fait une autre que de parler, du haut de la chaire, à une nombreuse et attentive assistance. Les hommes, accroupis sur leur tapis de prière, le regardaient avec une mine solennelle. Derrière le treillage, les femmes attendaient aussi. Bien sûr, la psalmodie, qui venait avant le sermon, n'était pas difficile pour lui, car tous les
hommes y participaient, s'inclinant jusqu'à toucher le sol avec leur front. Mais le
sermon c'est cela qui était difficile.

Un vendredi, il marchait plus lentement que d'habitude dans les rues pavées d'Ak Shehir et s'arrêta à la porte de mosquée pour y laisser ses chaussures. Il bavarda avec les autres hommes qui prenaient place sur les tapis épais et moelleux. Eux pouvaient s'accroupir sur les tapis, alors que lui devait monter à la chaire surélevée. Peut-être la beauté de la mosquée lui donnerait-elle une idée ? Il leva les yeux vers le plafond, mais aucune pensée ne lui vint. Il observa les mosaïques sur les murs, mais il n'y trouva aucune aide. Il scruta les visages des hommes qui le regardaient fixement. Il entendait les chuchotements et les rires discrets des femmes voilées, assises derrière le balcon grillagé. Il se devait de dire quelque chose.
- Oh, gens d'Ak Shehir ! Savez-vous ce que je vais vous dire ?
- Non ! Répondirent, d'une seule voix, hommes et femmes.
- Vous ne savez pas ? Dit Djeha-Hodja Nasreddin. Vous êtes sûrs de ne pas savoir? Alors à quoi cela sert-il de parler à des gens qui ne savent rien sur un sujet aussi important. Mes mots ne seront d'aucune utilité pour des gens aussi ignorants.

Alors, il descendit de sa chaire et s'en alla. Le vendredi suivant, confronté à la même difficulté, il dit :
- Oh, gens d'Ak Shehir ! Savez-vous ce que je suis sur le point de vous dire ?
- Oui, répondirent d'une seule voix hommes et femmes, se rappelant ce qui était
advenu après leur "non" de la semaine précédente.
- Vous savez ? Dit Djeha-Hodja Nasreddin. Si vous êtes sûrs de savoir ce que je vais dire, je n'ai alors pas besoin de le dire. Pourquoi perdre des paroles précieuses à dire ce que vous savez déjà ?

Alors, il descendit de sa chaire et s'en alla. Le troisième vendredi, le retrouva encore en haut de la chaire, avec la même difficulté d'exprimer quelque chose. Il dit alors :
- Oh, gens d'Ak Shehir ! Savez-vous ce que je suis sur le point de vous dire ?
- "Non", répondirent certains, "Oui" répliquèrent d'autres.
- Certains d'entre vous savent, d'autres ne savent pas ! Dit Djeha-Hodja Nasreddin qui, se frottant les mains, ajouta :
- Que ceux qui savent l'apprennent à ceux qui ne savent pas !

Le puissant Super!!
j'en ai mieux que toi :P
Les bons et les mauvais
Un jour, un élève de Djeha-Hodja Nasreddin lui dit :
- Djeha-Hodja Nasreddin, chacun s'accorde à dire que vous êtes bon. Cela veut-il dire que vous êtes réellement bon ?
Djeha-Hodja Nasreddin répondit qu'il n'en était pas nécessairement ainsi. Le garçon demanda alors si le fait que chacun dise que Djeha-Hodja Nasreddin était mauvais signifiait qu'il était réellement mauvais. Djeha-Hodja Nasreddin répondit négativement. Le garçon demanda à Djeha-Hodja Nasreddin de s'expliquer.
- Si des gens bons disent que je suis bon, alors je le suis vraiment et si des gens mauvais disent que je suis mauvais, alors je suis bon
Il fit une pause, le temps de lisser sa barbe et continua :
- Mais vous savez combien il est difficile de dire quels sont les gens qui sont bons et quels sont ceux qui sont mauvais.

Cocorico
0

Partager ce sujet :


Page 1 sur 1
  • Vous ne pouvez pas commencer un sujet
  • Vous ne pouvez pas répondre à ce sujet