djibnet.com: Insécurité Energétique Et Développement - djibnet.com

Aller au contenu

Page 1 sur 1
  • Vous ne pouvez pas commencer un sujet
  • Vous ne pouvez pas répondre à ce sujet

Insécurité Energétique Et Développement Noter : -----

#1 L'utilisateur est hors-ligne   CNDES Icône

  • Membre
  • Pip
Groupe :
Membres
Messages :
57
Inscrit :
11-octobre 09
Gender:
Male

Posté 28 décembre 2009 - 05:20

Insécurité Energétique et Développement


Article disponible également sur le blog du CNDES au lien suivant:
http://alex749.skyrock.com/


Développement économique et énergie sont intrinsèquement liés. La richesse des pays occidentaux s'est d'ailleurs bâtie sur une disponibilité abondante en énergie.

L'Afrique est un continent immense par la taille, très peuplé et bien pourvu en énergies fossiles et renouvelables.

Néanmoins, la consommation reste limitée faute d'infrastructures de distribution et faute de capitaux pour permettre les investissements nécessaires. La situation est particulièrement critique en Afrique subsaharienne puisque la consommation d'énergie africaine est pour l'essentiel concentrée en Afrique du Sud et en Afrique du Nord. Le développement de l'énergie en Afrique soulève encore pas mal d'interrogations.

Améliorer l'accès à l'énergie, une priorité.

La production globale d'énergie en Afrique représente environ 9,5 % de la production énergétique mondiale totale. Les parts spécifiques du continent dans la production mondiale se présentant respectivement comme suit : pétrole brut : 12,1 %; gaz naturel : 6,6%; charbon brut : 4,7 %; et hydroélectricité : 3,1 %. L'Afrique détient 9,7 % des réserves mondiales prouvées de pétrole, y compris une grande proportion de nouvelles découvertes.
Le continent est un important exportateur net de ressources énergétiques avec 475 millions de tonnes équivalent pétrole par an, soit l'équivalent de 45 % de la production du continent.

Toutefois, les 930 millions d'habitants du continent sont ceux qui consomment le moins d'énergie par habitant au monde. L'Afrique est par ailleurs dotée de 3,6 % des capacités mondiales de raffinage, et sa part dans la production mondiale d'électricité n'est que de 3,1 %. Le continent ne consomme que 9 % de sa production totale de pétrole, le reste étant exporté. Sa part dans la consommation mondiale d'énergie n'est que de 3 %, alors qu'elle abrite 14 % de la population mondiale.

La faible consommation endémique d'énergie par habitant est à la fois une cause et une conséquence de la persistance de la modeste performance socioéconomique enregistrée sur le continent depuis le premier choc pétrolier du début des années 70, en particulier dans les pays d'Afrique subsaharienne importateurs de pétrole.
Partant, l'amélioration de l'accès à l'énergie constitue une priorité en Afrique. Un segment important de la population du continent, en particulier en Afrique subsaharienne et dans les zones rurales des pays à revenu intermédiaire d'Afrique, vit dans l'extrême pauvreté liée à l'énergie.

La recherche de combustibles à des fins domestiques occupe une proportion disproportionnée du temps de travail et de loisirs, et notamment du temps des femmes et des enfants, en plus de constituer une tâche ardue.
En outre, la détérioration de l'état de santé et le niveau élevé inacceptable du taux de mortalité, avec quelque 400.000 décès imputables aux maladies respiratoires chaque année, sont associés à l'exposition à la pollution à l'intérieur des habitations, causée par les combustibles sales que l'on brûle dans des demeures mal ventilées.

En dehors des contraintes liées à l'alimentation en énergie à domicile, le coût élevé des services de transport, du fait de la rareté des combustibles liquides raffinés, et la pauvreté liée à l'accès à l'information, associée à l'incapacité à communiquer à l'échelle mondiale, en raison du manque d'électricité et du coût élevé des piles alcalines, contribuent collectivement à limiter la participation des populations aux activités nationales, régionales et mondiales, et notamment aux activités commerciales.

Pour ce qui est de la production, la rareté et l'insécurité des ressources énergétiques compromettent les possibilités offertes aux producteurs et leur compétitivité dans les systèmes commerciaux nationaux, régionaux et internationaux. En somme, l'insécurité énergétique perpétue la pauvreté.

L'exploitation durable des ressources énergétiques

Selon les estimations de la BAD, même si plus de 90 % des populations rurales avaient accès à l'électricité d'ici 2030, la demande rurale d'électricité ne représenterait qu'environ 10 % de la capacité totale de production d'électricité.

Le reste de la demande totale serait fourni à partir des zones urbaines où sont essentiellement basés les établissements industriels et les secteurs de services à forte intensité d'énergie.
Si l'on tient compte d'une gamme plus vaste de sources d'énergie, et notamment de la biomasse, les populations rurales devraient représenter environ 20 à 25 % de la demande finale totale de consommation d'énergie d'ici 2030.

La demande d'énergie dans les zones rurales n'est donc pas trop grande. Toutefois, si l'on se fie à l'expérience de la BAD, les approches classiques de l'électrification rurale ne constituent pas le moyen le plus rentable de réaliser l'objectif de l'accès universel à l'électricité dans les zones rurales.

Les réalités géographiques portent à croire que l'aménagement décentralisé et autonome de l'infrastructure énergétique, en exploitant les ressources locales, le plus souvent renouvelables, représente une option pour l'amélioration de l'accès à l'énergie en milieu rural.

Par ailleurs, l'intégration des réseaux électriques nationaux et la mise en place de systèmes d'approvisionnement en grandes quantités de combustibles, par l'interconnexion à l'échelle régionale ou entre plusieurs pays, constituent les moyens les plus rentables et les plus fiables de répondre aux besoins en énergie des populations et des secteurs économiques.

Les décideurs africains doivent donc relever le défi consistant à répondre au même moment à deux types de demandes croissantes d'énergie, dans un contexte de croissance économique solide, de transformation sociale et de réduction de la pauvreté.

Un aspect de ce défi a trait à la maîtrise de l'application de technologies rentables dans l'exploitation durable des ressources énergétiques. Un autre aspect a trait à la mobilisation des investissements et au maintien de la viabilité financière.

Il existe par ailleurs un troisième aspect qui porte sur les modalités institutionnelles appropriées pour soutenir les productions décentralisées et le niveau d'intégration entre systèmes décentralisés d'approvisionnement en énergie dans les zones rurales et systèmes nationaux et régionaux intégrés d'approvisionnement en énergie.
Mais qu'en est-il du projet du « Grand Inga » ? (projets hydroélectriques dans la région Inga en République Démocratique du Congo) que devait être plaidé au sommet mondial sur le climat de Copenhague.

Selon Olivier Danielo, (Education, Energie et Environnement) l'Afrique possède un potentiel en énergies renouvelables plus de 1000 fois supérieure à ses besoins énergétiques. Et pourtant, 594 millions de personnes, soit trois africains sur quatre, n'ont toujours pas accès à l'électricité alors que le Conseil Mondial de l'Energie prévoit « un triplement de la demande en électricité en Afrique entre aujourd'hui et 2035 ». Pour faire face à ce défi, différents projets proposent d'utiliser les ressources naturelles du continent. Parmi eux : une grande station hydroélectrique basée sur le fleuve Congo.

L'Afrique jouit de ressources en énergies renouvelables diversifiées et très abondantes: éolien, hydraulique, solaire, géothermie, énergies de la mer, biomasse. Ces ressources ne sont pas toutes exploitables au même coût. L'hydroélectricité est ainsi l'énergie la meilleure marché. Et de très loin. Le coût de production standard du kWh hydroélectrique est deux fois plus faible que le kWh-charbon, et trois fois moindre par rapport au kWh nucléaire. Aujourd'hui, le coût de production de l'électricité sur le continent africain est d'environ 13 €, soit près du double comparativement à d'autres marchés émergents. Un phénomène notamment lié aux mauvais rendements des centrales thermiques, d'anciennes générations. A titre d'exemple, le charbon fournit 65% de la production électrique d'Afrique subsaharienne et 90% en Afrique du Sud.

Premier grand projet vers l'autonomie énergétique de l'Afrique, «Grand Inga» vise donc à construire une grande station hydroélectrique de 40000 MW dans la région de Matadi, en parallèle du fleuve Congo, second plus long d'Afrique (4700 km) et premier pour son débit. Placé sur un bras dérivé du fleuve, le barrage n'aurait aucun impact sur l'éco-système local. A pleine puissance, cette centrale permettrait de produire près de 315 TWh par an, soit assez d'électricité pour alimenter entre 300 et 400 millions de personnes en Afrique.

Comme l'a expliqué Latsoucabé Fall, manager général pour l'Afrique au prés du Conseil Mondial de l'Energie, le projet du « Grand Inga représentrait une opportunité unique de promouvoir l'indépendance économique, la paix et la prospérité en Afrique».

Pour concrétiser ce projet qui s'inscrit dans la perspective d'un développement vraiment durable, le financement international pourrait ainsi atteindre 50 milliards de dollars pour le barrage Grand Inga tandis que l'autonomie énergétique du continent est estimée à environ 300 milliards de dollars. Un chiffre qui s'approche de celui avancé par Jean-Louis Borloo, Ministre français du Développement Durable pour la réalisation du programme « Energizing Africa ».

Pas étonnant dès lors que les projets hydroélectriques dans la région Inga (République Démocratique du Congo) suscitent l'intérêt de la Banque mondiale, de la Banque Africaine de Développement, de la Banque Européenne d'Investissement, de l'Union européenne, de grands groupes occidentaux.


L'Afrique ne devrait-elle pas exiger le financement d'un tel projet auprès des compagnies pétrolières afin de compenser les pertes dû au frein de son développement par la dilapidation de ses richesses en faveur des pays développés ?
0

Partager ce sujet :


Page 1 sur 1
  • Vous ne pouvez pas commencer un sujet
  • Vous ne pouvez pas répondre à ce sujet